25 avril 2015 – salle Henri Barbin à Pontlieue

Il y avait de nouveau  foule pour cette troisième édition du Repair Café qui se déroulait dans le quartier de Pontlieue au Mans. 76 personnes sont venues apporter quelque chose à réparer, sans compter les curieux et ceux qui venaient simplement découvrir le concept.

Nombreux visiteurs au Repair Café

Sur la  centaine d’objets apportés par les visiteurs, totalisant un poids de 260kg, presque 200kg de déchets ont été évités. Les réparateurs ont surtout eu à traiter des appareils électroménagers ou audiovisuels. D’ailleurs, si vous avez des compétences dans ce domaine n’hésitez pas à nous contacter : nous avons besoin de nouveaux  réparateurs en électroménager et en électronique.

Disponibilité des pièces détachées par fabricant d’électro-ménager.

Le GIFAM ( Groupe Interprofessionnel des fabricants d’appareils d’Equipement Ménager) rassemble une cinquantaine d’entreprises, grands groupes multinationaux et PME.

Les fabricants proposent deux tableaux récapitulatifs des pièces détachées disponibles pour le PEM  ( petit électroménager ) et le GEM ( gros électroménager) :

Le GIFAM et ses adhérents ont travaillé à l’élaboration de documents très facilement lisibles et compréhensibles. Chaque marque est identifiée par son logo et la durée de disponibilité des pièces détachées est indiquée à côté.

Le premier tableau recense les principales marques de petits appareils électroménagers (fer à repasser, aspirateur…), dont les pièces sont disponibles entre 3 et 10 ans.

Le second tableau, sur le même modèle, est dédié aux marques de gros électroménager (réfrigérateur, machine à laver, …) dont les pièces détachées sont disponibles entre 5 et 11 ans.

On perd l’habitude de réparer les choses

Sylvie a entendu un reportage sur Sweet FM qui lui a donné envie d’apporter son lecteur DVD cassé au Repair Café. Elle a proposé à son voisin, Jacky, de l’accompagner car il a lui aussi un appareil de lecture de DVD qui ne marche pas.

Sylvie et Jacky

«J’ai amené un lecteur DVD : le disque tourne mais la lecture ne démarre pas. Avant de jeter, nous sommes  venus voir. Ça me sert, donc c’est dommage de devoir le jeter. Je ne suis pas trop bricoleuse, si je commence à ouvrir, il va manquer des pièces.»

Le lecteur de DVD de Jacky a également un problème.

«Je voulais le prêter à mes petits enfants, pour qu’ils regardent des films pendant les vacances, mais ce lecteur DVD n’a jamais marché : je l’ai eu en cadeau et je ne l’ai jamais utilisé. Peut-être que ça s’est déchargé. Je ne connaissais pas du tout le principe des Repair Café, c’est ma voisine qui m’a proposé de venir.»

Ils sont tous les deux enthousiasmés par le principe des Repair Cafés.

«Au Repair Café, tout le monde aide les autres, c’est assez convivial. C’est une très bonne idée, ça évite de jeter. On perd l’habitude de réparer les choses, c’est dommage, et on n’a pas forcément les moyens d’en acheter un autre non plus. C’est souvent le prix qui nous arrête.»

Jacky est maçon de métier, il ne s’y connaît pas en électronique, ni en menuiserie. Sylvie est dans la restauration.

Réparer soi-même:

 

L’obsolescence programmée des produits est désormais sanctionnée en France.

Qui n’a jamais été mécontent d’un appareil tombe en panne quelques jours seulement après la fin de la garantie ? Quel consommateur n’a pas été confronté  à une réparation plus chère que son renouvellement ou encore à une mise à jour impossible ?

Qu’est-ce que l’obsolescence programmée?

La loi sur la transition énergétique, entrée en vigueur le 19 août 2015 la définit par « l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement. Ces techniques peuvent notamment inclure l’introduction volontaire d’une défectuosité, d’une fragilité, d’un arrêt programmé ou prématuré, d’une limitation technique, d’une impossibilité de réparer ou d’une non-compatibilité.».

Cette définition couvre différentes sortes d’obsolescences programmées :

  •  l’obsolescence par défaut fonctionnel, par laquelle un appareil cesse de fonctionner si une seule pièce ou un ensemble de pièces soudées en bloc (batterie d’un smartphone, par exemple) tombent en panne.

C’est le cas du cartel Phœbus, réunissant les grands fabricants mondiaux d’ampoules dans les années 1920, soupçonnés d’avoir passé un accord pour choisir des filaments grillant au bout de 1 000 heures.

Les appareils électroménagers ont actuellement une durée de vie de 6 à 8 ans.

  •  l’’obsolescence par incompatibilité propre à l’informatique où le produit est rendu inutile faute d’incompatibilité avec les versions ultérieures ou celles d’un concurrent.

Apple stipule sur son site internet que la durée de vie de ses appareils mobiles (iPhone, iPad, iWatch) est censée être de trois ans, comme le Guardian l’a découvert et de quatre ans pour ses ordinateurs. Les critiques adressées au fabricant concernent les mises à jour annuelles de son système d’exploitation mobile iOS. Si l’appareil est trop ancien, certaines nouvelles fonctionnalités ne s’installent pas ou dégradent les performances (batterie, vitesse, etc.). Fin 2015, une centaine d’utilisateurs de l’iPhone 4s ont lancé une action collective aux États-Unis, accusant Apple d’avoir ajouté un programme dans iOS 9 dans le but de ralentir leur smartphone sorti en 2011. L’entreprise est également critiquée pour avoir conçu ses mobiles et ses tablettes sans possibilité de changer la batterie en cas de défaillance.

  •  l’obsolescence par non disponibilité de pièces détachées.

Apple  est également critiquée pour avoir conçu ses mobiles et ses tablettes sans possibilité de changer la batterie en cas de défaillance.

  • l’impossibilité programmée de continuer à utiliser un produit (imprimante notamment) au bout d’un certain temps.

Le documentaire « Prêt à jeter » (2010) accuse le fabricant d’imprimantes Epson de programmer ses produits pour ne plus fonctionner au bout de 18 000 impressions.

  • L’obsolescence de péremption qui touche les produits alimentaires. Il existe deux types de dates de péremption : la date limite de consommation (DLC) et la date limite d’utilisation optimale (DLUO). Contrairement à la date limite de consommation, la date limite d’utilisation optimale n’est qu’une date indicative et non une date impérative de consommation.
  • L’obsolescence esthétique qui joue avec la psychologie des consommateurs.

Ces pratiques démultiplient volontairement les dépenses des consommateurs et la quantité des déchets. Elles peuvent maintenant être sanctionnées par deux ans de prison et 300 000 euros d’amende.

Affichage de la durée de vie obligatoire:

Les députés ont aussi souhaité renforcer l’information des consommateurs. L’affichage de la durée de vie sera désormais obligatoire pour tous les produits d’une valeur équivalente à 30 % du SMIC.

Ces mesures viennent compléter les premières dispositions contre l’obsolescence programmée instituées par la loi Consommation du 17 mars 2014. Cette loi oblige désormais le fabricant ou l’importateur de produits à informer le vendeur de la période pendant laquelle, ou de la date jusqu’à laquelle, les pièces détachées indispensables à l’utilisation des produits sont disponibles sur le marché. Et elle a porté de un à deux ans le délai de garantie légale.

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Mesures insuffisantes:

L’association écologiste Les Amis de la Terre juge insuffisantes les mesures prises. « Pour favoriser la commercialisation de biens durables et réparables », la durée de garantie mériterait d’être portée à dix ans et la fourniture de pièces détachées devrait devenir une obligation, estime-t-elle.

« La loi Consommation a été une première étape visant à mieux informer le consommateur sur la garantie légale ou sur la disponibilité des pièces détachées. La loi Transition énergétique pour la croissance verte doit permettre de mettre en place un modèle de production et de consommation tenant compte des limites de notre planète. Notre économie ne sera jamais verte ni circulaire si les fabricants et les distributeurs continuent de tirer les prix vers le bas au détriment de la qualité et de la durabilité des biens », insiste Camille Lecomte, chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables aux Amis de la Terre.